Les Bourses mondiales plongent, rattrapées par les craintes de récession

Pas de répit pour les marchés. Les Bourses mondiales s’enfonçaient de nouveau dans le rouge jeudi, confrontées à une inflation toujours plus élevée et à un scénario de plus en plus crédible de fort et brusque ralentissement 40 a clôturé sous les 6.000 points, en chute de 1,8% sur la séance.

A Wall Street, les principaux indices boursiers s’enfonçaient dans le rouge au même moment. Le Nasdaq à forte coloration technologique s’orientait vers des pertes de plus de 30% depuis le début de l’année, une chute inédite pour un depuis la création de cet indice. Le S & P 500, plus large, s’orientait vers une baisse de plus de 20% sur les six premiers mois de l’année, une contre-performance jamais vue en plus de 50 ans.

L’indice MSCI ACWI, qui regroupe l’ensemble des marchés boursiers mondiaux, devrait également sombrer de plus de 20% sur la période, sa pire performance en plus de vingt ans. Au total, ce sont plus de 17.000 milliards de dollars qui sont ainsi partis en fumée depuis le début de l’année sur les Bourses mondiales.

Le pic d’inflation se fait attendre

«Le discours dominant sur les marchés financiers s’est recent ré cette semaine sur le risque de récession», souligne Axel Botte, d’Ostrum, dans une récente note. Le pic d’inflation, tant attendu par les investisseurs, n’est toujours pas en vue en Europe. La hausse des prix à la consommation s’est encore accé lérée en juin en France pour atteindre 5,8% sur un an. à mener le combat contre l’inflation.

S’il est bien possible que la Fed ralentisse l’économie plus que nécessaire pour con trôler l’inflation, «je ne suis pas d’accord pour dire que c’est le plus grand risque. La plus grande erreur serait de ne pas réussir à rétablir la stabilité des prix », a encore insisté Jerome Powell, le gouverneur de la Réserve fédérale, mercredi.

Les marchés ont int égré ces derniers mois la remontée des taux, mais ils doivent encore digérer le ralentissement économique à venir et ses effets délétères sur les perspectives béné ficiaires des prereprises. ainsi rappelé jeudi le Comité europé en du risque systémique

(ESRB).

«Hypothèses optimistes»

«Les valorisations actuelles des actions reflètent des hypothèses optimistes selon lesquelles l’impact de la guerre sur les perspectives de croissance mondiale sera globalement contenu et les banques centrales seront en mesure de ramener progressivement les taux d’inflation a mis en garde l’ESRB. «Nonobstant la récente correction boursière, le risque d’une chute brutale et générale des prix des actifs demeure», at-il averti.

Outre-Atlantique, tous les regards se portent sur la capacité des ménages à faire face à la hausse des prix et des taux. Les dépenses de consommation ont chuté en mai pour la première fois de l’année, et les chiffres des mois précé été revus à la baisse. «Partout, les ménages se disent plus inquiets car la hausse des prix ne ralentit toujours pas et leurs dépenses contraintes en loyers, alimentation, et énergie constituting une part croissante de leurs revenus», s’alier ‘Oddo BHF.

En Europe, les investisseurs doivent également composer avec la menace d’un embargo russe sur les livraisons de gaz. européens «méritent une prime de risque sup plémentaire à cause de la dépendance énergétique» du Vieux Continent, estime Catherine Garrigues, d’Allianz GI.

Baisse des taux longs

Les craintes des investisseurs se sont répercutées sur le marché du crédit. La mesure du risque associé aux obligations d’entreprises relativement mal notées par les agences de notation a bondi à son plus haut niveau depuis la panique causée par la mise en mars 2020.

En parallèle, le spectre de la récession a poussé les investisseurs vers les obligations souveraines, classées parmi les actifs financiers jugés les plus sûrs. Le rendement à 10 ans de la dette française est ainsi retombé sous en baisse de plus de 10 points de base sur la séance.

Le patron de la Fed admet que la récession «est une possibilité»

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